
Tensions au Moyen-Orient : quel impact sur vos billets d'avion et vos croisières ?
Publié: 5/8/2026
Auteur: Amelie de Moreau

Tensions au Moyen-Orient : quel impact sur vos billets d'avion et vos croisières ?
Bienvenue dans cette deuxième édition du Journal du Capitaine.
Ce mois-ci, une question revient souvent dans ma boîte mail : "Avec les tensions au Moyen-Orient, est-ce que mon voyage est en danger ?" Je vous réponds franchement, chiffres à l'appui.
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Le détroit d'Ormuz : un maillon important, mais pas unique
Le détroit d'Ormuz, c'est le passage stratégique par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial transporté par mer. Une perturbation à cet endroit aurait forcément un impact — mais pas celui qu'on imagine.
Pénurie de carburant ? Peu probable.
Les compagnies aériennes et les raffineries ne dépendent pas d'une seule source. En cas de tension, elles peuvent s'approvisionner aux États-Unis — devenus un exportateur majeur de kérosène — ou via d'autres routes en Asie. Les stocks stratégiques existent pour ça. Une pénurie totale de carburant aviation en Europe reste un scénario extrême et peu réaliste à court terme.
Hausse des prix ? Ça, c'est réel.
Le marché pétrolier ne fonctionne pas sur la réalité, mais sur l'anticipation. Dès qu'un risque géopolitique apparaît, les prix réagissent — même sans rupture d'approvisionnement. Remplacer une route de livraison coûte plus cher, prend plus de temps, et crée de la concurrence mondiale sur les cargaisons disponibles.
Concrètement, dans les mois qui viennent, vous pouvez vous attendre à :
Des billets d’avion plus chers
Un retour des surcharges carburant
Moins de promotions et d’offres flash
Une volatilité tarifaire accrue
Compagnies low cost et hausse du kérosène : un modèle sous pression
C'est là que le sujet devient important pour vous en tant que voyageur.
Le carburant représente entre 25 et 35 % des coûts d'une compagnie aérienne. Les grandes compagnies traditionnelles disposent d'outils financiers appelés hedging (ou couverture en français): elles achètent leur carburant à l'avance à prix fixe, ce qui les protège contre les hausses brutales. La majorité des compagnies régulières sont donc bien protégées contre la hausse du prix du kérosène.
Les compagnies low cost fonctionnent sur un modèle radicalement différent : marges ultra-serrées, prix structurellement bas, couverture financière limitée. Ce modèle est très efficace tant que les coûts restent stables. Une hausse durable du kérosène peut :
Rendre certaines lignes secondaires non rentables
Forcer des réductions de fréquences
Fragiliser l'équilibre financier de la compagnie
Ce n'est pas une hypothèse théorique : lors du pic pétrolier de 2008, plusieurs compagnies à bas coûts ont disparu ou réduit massivement leurs opérations. Des noms comme Wow Air (faillite en 2019) ou Flybe (faillite en 2020) rappellent que ce modèle a ses limites structurelles. On entend d’ailleurs beaucoup parler de Ryanair actuellement.
➡️ Ma recommandation : privilégiez les compagnies établies et réservez maintenant, avant que les hausses ne se répercutent sur les tarifs.
Les croisières : moins exposées qu'on ne le croit
Bonne nouvelle pour les passionnés de croisières — et c'est souvent mal connu : les bateaux n'utilisent pas de kérosène aviation.
Un carburant différent, un réseau d'approvisionnement plus diversifié
Les navires fonctionnent principalement au marine gas oil (MGO), au fuel marin lourd, ou au LNG (gaz naturel liquéfié) pour les navires récents. Ce type de carburant :
Dispose d'un réseau d'approvisionnement mondial plus diversifié
Est moins directement dépendant du détroit d'Ormuz et peut être remplacé plus facilement selon les régions
Permet aux navires une autonomie bien supérieure à celle d'un avion
➡️ Risque de rupture brutale des opération: très faible!
Le vrai impact : sur les coûts, pas sur les opérations
Les grandes compagnies ont été transparentes sur le sujet. Norwegian Cruise Line a revu ses prévisions financières à la baisse, Carnival Corporation anticipe plus de 500 millions de dollars de surcoûts liés au carburant, et Royal Caribbean évoque également des centaines de millions de surcoûts potentiels. Mais tous les dirigeants disent la même chose : l'industrie est bien plus solide qu'en 2008, et aucun arrêt d'opérations n'est envisagé.
Surcharge carburant : possible, mais pas encore généralisée
Certains contrats permettent légalement d'ajouter une surcharge si le pétrole dépasse certains seuils. Quelques petites compagnies asiatiques ont déjà commencé. Mais les grands groupes occidentaux indiquent qu'ils préfèrent pour l'instant ajuster discrètement : augmentation progressive des tarifs, réduction de certaines promos, optimisation des itinéraires, ou slow steaming (légère réduction de vitesse pour économiser du fuel).
Les navires les plus récents, les moins vulnérables
Toute l'industrie investit massivement dans l'efficacité énergétique : LNG, biocarburants, optimisation des coques, shore power. Les nouveaux navires comme l'Icon of the Seas ou les nouvelles unités MSC LNG sont structurellement moins sensibles aux variations du prix du fuel que les anciens paquebots.
Ce que ça change concrètement pour vos vacances
L'aviation low cost est la plus exposée — à court terme, attendez-vous à des billets plus chers, moins de promos, et une volatilité tarifaire que nous n'avons pas connue depuis des années. Si vous avez un voyage prévu avec une compagnie à bas coût, vérifiez vos conditions d'annulation.
Les grandes compagnies aériennes sont mieux protégées, mais ne seront pas épargnées non plus.
Les croisières, elles, restent le mode de voyage le plus isolé de ces turbulences. Carburant différent, hedging solide, opérations stables — la croisière est aujourd'hui l'option vacances la plus prévisible budgétairement.
Mon conseil, quel que soit votre mode de voyage : réservez maintenant. Les prix n'iront pas vers le bas dans les mois qui viennent.
Et si vous souhaitez en savoir plus sur le rapport qualité-prix d'une croisière par rapport à un séjour classique, je vous invite à lire mon analyse de l'édition #1 — vous pourriez être surpris.
Des questions ? Je suis disponible pour vous conseiller au cas par cas:
Comment me contacter: par email: amelie.demoreau@ifyoucruise.com ou par téléphone au +32 2 586 4425.
En résumé : croisière vs avion, qui est le mieux protégé ?
Aviation (low cost) | Aviation (grande compagnie) | Croisière | |
Type de carburant | Kérosène | Kérosène | MGO/LNG |
Dépendance à Ormuz | Elevée | Modérée | Faible |
Hedging (couverture des prix) | Faible | Protégé | Protégé |
Risque opérationnel | Elevé | Faible | Très faible |
Risque de surcharge | Oui | Possible | Limité |
Votre dévouée, Amélie
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